Assassin’s Creed Syndicate mérite-t-il une seconde chance ? Sorti le 23 octobre 2015, l’épisode londonien avait débarqué après les débuts chaotiques d’Unity, au moment où le modèle annuel d’Ubisoft commençait à lasser. Onze ans plus tard, cette rétrospective vidéoludique révèle un jeu imparfait, mais plus singulier que sa réputation ne le laisse croire.
Ce qu’il faut retenir
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- Assassin’s Creed Syndicate clôt une formule classique de la série avant le virage pris par Origins.
- Son Londres victorien, ses deux héros et ses missions d’infiltration gardent un vrai pouvoir d’attraction.
- Le scénario inégal, les activités répétitives et les courses de calèche freinent l’expérience.
- La rejouabilité des mémoires permet de viser les objectifs optionnels et la synchronisation à 100 %.
Assassin’s Creed Syndicate, le dernier souffle d’une formule
Développé sous la direction d’Ubisoft Québec, Syndicate arrive dans un contexte délicat. Unity vient de subir les conséquences de nombreux problèmes techniques, tandis que le rythme annuel des sorties suscite une lassitude grandissante chez une partie des joueurs.
Le jeu est lancé en octobre 2015 après la fuite de séquences de gameplay alors qu’il porte encore le nom de projet Victory. Le grappin et les déplacements sur les toits sont déjà visibles : des idées qui distinguent l’épisode, sans suffire à dissiper les doutes sur une formule jugée trop familière.
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Jacob Frye et Evie Frye, deux façons d’aborder Londres
Les jumeaux Jacob Frye et Evie Frye donnent au récit un duo complémentaire. Jacob privilégie l’action directe et la conquête des rues, tandis qu’Evie s’appuie davantage sur la discrétion et la recherche d’artefacts liés à la Première Civilisation.
Cette alternance donne du relief aux missions, même si leurs personnalités et leurs intrigues ne sont pas toujours approfondies avec la même finesse. Les affrontements de gangs et la libération de quartiers installent une progression lisible, mais parfois mécanique : Londres se conquiert par étapes, au prix de tâches qui finissent par se ressembler.
Le contraste entre les deux héros reste l’une des idées les plus mémorables du jeu : une même ville, deux approches, et un rythme qui change selon le personnage choisi.
Le Londres victorien, terrain de jeu et décor social
Le Londres victorien de Syndicate est dense, animé et façonné par la révolution industrielle. Les usines, les rails et les quartiers populaires composent un décor qui ne se limite pas aux façades élégantes : le jeu évoque aussi le travail des enfants et la précarité des habitants.
Les voleurs, les mercenaires et d’autres groupes marginalisés deviennent des alliés dans la lutte contre l’exploitation. La représentation de ces sujets reste parfois rapide, mais leur présence donne à l’aventure une couleur sociale moins centrée sur les rois et les grandes batailles.

Un monde ouvert qui favorise l’infiltration
Le monde ouvert s’explore à pied, en calèche ou grâce au grappin, qui accélère les traversées entre les toits. Ce dernier rend les déplacements plus fluides, même s’il réduit parfois le plaisir de grimper méthodiquement sur les bâtiments, signature historique de la série.
L’infiltration demeure le meilleur moyen d’aborder les repaires ennemis. Les déguisements, les diversions et les entrées multiples encouragent l’observation avant l’attaque ; une mission réussie avec discrétion procure souvent davantage de satisfaction qu’une mêlée générale.
Les courses de calèche, elles, pèsent moins dans la balance : elles apportent du mouvement, mais leurs circuits et leurs contrôles n’égalent pas la précision des missions d’assassinat.
Un avis sur le jeu plus nuancé avec le recul
Le principal défaut de Syndicate tient à son scénario convenu et à l’empilement de mécaniques qui ne s’accordent pas toujours. Certaines activités de quartier prolongent artificiellement la conquête, tandis que les personnages secondaires manquent parfois de temps pour laisser une impression durable.
Pourtant, cet épisode affirme plusieurs choix que la licence abordait encore avec prudence à l’époque. Il met en scène un personnage transgenre et un personnage bisexuel, même si leur représentation reste peu développée, et donne une place importante à une héroïne jouable dans une série longtemps dominée par des protagonistes masculins.
La seconde chance passe par les mémoires à 100 %
Pour mesurer ce que le jeu réussit, une reprise ciblée vaut mieux qu’une nouvelle course aux icônes de carte. Le menu de progression permet de rejouer les mémoires principales et de s’attaquer aux objectifs optionnels sans recommencer toute l’aventure.
- Rejouer une mémoire depuis le suivi de progression pour reprendre une séquence précise.
- Lire les objectifs secondaires avant le départ : certains imposent une méthode particulière, comme étourdir une cible au bon moment.
- Varier les approches entre Jacob et Evie afin de profiter de leurs compétences respectives.
- Viser les 100 % progressivement : les défis peuvent être accomplis lors de plusieurs tentatives, sans tout réussir en une seule fois.
Cette chasse à la synchronisation révèle des détails faciles à manquer lors d’une première partie et transforme certaines missions en petits casse-têtes d’exécution. En 2026, Syndicate n’est pas devenu un chef-d’œuvre oublié, mais il apparaît comme un épisode attachant, témoin d’une époque révolue de la saga.
Pourquoi Assassin’s Creed Syndicate mérite une seconde chance
Après Syndicate, Ubisoft a renouvelé la série avec Origins en 2017, en privilégiant une structure plus vaste et des mécaniques de jeu de rôle. Ce changement a ouvert une nouvelle période, qui soulève à son tour la question du renouvellement : chaque formule finit par montrer ses limites lorsqu’elle se répète.
Syndicate vaut donc une reprise pour ses rues industrielles, son duo central et ses missions capables de récompenser la patience. Son âge se remarque dans les activités répétitives, mais son identité reste nette : derrière le vilain petit canard se cache un épisode qui a tenté des choses, parfois maladroitement, et qui mérite d’être jugé sur ses propres mémoires.

